CÉLESTIN PIERRET

Du hêtre brut livré à la gouge de Célestin Pierret émergent des êtres inachevés qui hantent les mémoires depuis l’aube de l’art.

Évoquant l’art chrétien d’inspiration celtique, aux monstres enchevêtrés dans les ambons, tabernacles et reliquaires, il s’allège pourtant du poids de la tradition par le tonus et la rigueur qui l’empêchent de sombrer dans l’art de l’ornementation.

Le bois n’est jamais poli, fidèle à ce non finito qui avait séduit Michelange, et l’assemblage s’appuie sur les techniques les plus anciennes : étroits morceaux assemblés par un système de tenons et de mortaises, qui avaient déjà produit des chefs d’œuvres de la sculpture japonaise au VIIIe siècle.

Entre reliquaire et iconostase byzantine, le « livre objet » qu’il crée en collaboration avec Chris Delville, est chaque fois une pièce unique, bien qu’il adapte l’idée de la gravure en sculpture.

L’ensemble est proche du climat de mystère et de secret entretenu par l’évangéliaire enluminé du Moyen-âge.

Ces œuvres s’apparentent à des haut-relief, avec toute leur frontalité et leur muralité : elles se destinent à être exposées proches d’un mur.

Affirmant leur interdépendance avec leur environnement, ces sculptures, qu’elles soient de bronze ou de hêtre, mettent en valeur le fond sur lequel elles se détachent.

Dans ce but l’artiste fond les corps et les visages dans les entrelacs qui les entourent.

Par les espaces et les vides qui dévoilent leur arrière-plan, les corps évoluent et semblent hésiter entre se dissoudre dans l’espace ou se remplir de matière.

Dans leur équilibre instable, ils sont encore là, juste pour nous dire : nous ne sommes finalement qu’imaginaires, imaginaires parce que nous avons laissé planer un doute, ne sachant si nous étions herbes ou viscères, végétal ou organique, corps anthropomorphes englués dans un réseau de matière qui ne fait aucune différence entre intérieur et extérieur, entre Soi et l’Autre.

Célestin Pierret est un poète-menuisier : il fabrique des portes par lesquelles s’élancent des héros de tragédies hésitant entre l’imaginaire et le réel.

Exposition Absurdité à voir jusqu’au 30 novembre 2017.

Autour de la notion de l’absurde, cette exposition propose une interaction entre la création plastique contemporaine et les espaces naturels et patrimoniaux du Musée de plein air du Fourneau Saint-Michel.

CÉLESTIN PIERRET

 

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